Les ligues sportives de haut calibre n’hésitent pas à dépenser une petite fortune pour avoir les meilleurs joueurs sur le terrain. (Crédit Photo: Jan SOLO/Flickr Creative Commons)
SHERBROOKE (CUP) — Il y a quelques semaines, Courrier international publiait un papier sur la transaction de Gareth Bale entre Tottenham et Réal Madrid. L’international Galois est passé de la Premier league anglaise à la Ligue A espagnole pour une somme record. Les Merengues ont en effet dû débourser près de 100 millions d’euros pour acquérir le footballeur étoile, un peu plus que les 94 millions qui avaient été requis pour amener Christiano Ronaldo à la Casa Blanca.
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L’article du journal français s’intitulait « Ce que l’Espagne aurait pu acheter à la place de Gareth Bale ». La réponse? Rien. Loin de moi l’idée d’affirmer que les vedettes du sport professionnel gagnent des salaires raisonnables, mais il faut toutefois apporter d’importantes nuances afin de rectifier les préjugés populaires.
Pourquoi l’Espagne n’aurait pu rien acheter à la place du footballeur galois ? Parce qu’il s’agit d’argent privé et non public. Si l’organisation madrilène, l’équipe sportive la plus riche au monde, décide d’investir une pareille somme pour acquérir un joueur, c’est sa décision et cela n’affecte en rien la population.
Les investissements privés dans le monde du sport sont également très lucratifs pour les États. Il est primordial de considérer les taxes et impôts que les équipes et athlètes paient, et qui enrichissent les coffres du gouvernement. Par exemple, sur les 6,5 millions de dollars que le gardien du tricolore Carey Price touche, une bonne partie est redirigée en impôts, en plus du fait qu’il doive payer une importante somme en taxes, tributaire à son mode de vie élevé. L’acquisition de Bale par le Réal Madrid sera donc lucrative pour l’Espagne et non un fardeau pour cet État en crise économique.
Pour ceux qui ne seraient toujours pas convaincus, les sportifs assez talentueux pour avoir un droit de regard sur leurs futures formations tiennent en compte le taux d’imposition de la province ou du pays avant d’y mettre les pieds. Un exemple proche de nous et relativement récent, Vincent Lecavalier a décidé de terminer sa carrière à Philadelphie plutôt qu’à Montréal en partie pour des raisons fiscales. Cela démontre aisément que la fiscalité est plus importante qu’on le croit sur la scène sportive.
L’article du Courrier international mentionne par la suite que la transaction exécutée par le Réal équivaut à 25 millions de portions d’un plat traditionnel espagnol, l’équivalant de deux portions par enfant à la grandeur du pays. D’une part, comme nous l’avons expliqué, l’Espagne ne peut investir cette somme, puisqu’il s’agit d’une organisation privée. D’autre part, les taxes et impôts payés par la nouvelle vedette madrilène pourront être redirigés vers des programmes d’aide pour la population. Les clubs sportifs aident à créer la prospérité, ce qui aide à la justice sociale. Aussi absurde que cela peut paraître, l’acquisition de Bale peut s’avérer une meilleure option à long terme que d’acheter ces 25 millions de plats, ce qui est impossible de toute façon.
Mais arrêtons de parler des salaires démesurés de quelques athlètes des grandes ligues et parlons des sportifs en général. Dès qu’un joueur ne se trouve pas dans une des ligues les plus prestigieuses au monde, telles que les championnats de hockey européens ou encore la Major League Soccer, son revenu est le plus souvent bien modeste. Comme de fait, Evan Bush, deuxième gardien de l’Impact de Montréal, se voit octroyer un revenu annuel de 46 500 $, alors que l’une des vedettes de l’équipe, Patrice Bernier, gagne 143 000 $ par année. Rien d’exagéré, vous en conviendrez.
Outre les sports d’équipes, les athlètes en sport individuel peuvent avoir également beaucoup de difficulté à atteindre les compétitions de haut niveau. Dans plusieurs sports, comme le golf et le tennis, les joueurs remportent des bourses en gagnant des tournois, dont la somme varie relativement à l’importance de la compétition. Avant d’en arriver là, ou pour les joueurs de second plan, les athlètes ne dépendent que de la volonté des commanditaires. Sans eux, ils ne peuvent même pas rêver à exercer leur sport dans les ligues de haut calibre.
Bref, l’argent est incontournable dans le monde du sport. Que certains athlètes professionnels soient surpayés, on ne peut rien y faire, sauf profiter de la rentabilité pour l’État, synonyme de création de prospérité.
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